Les dangers d’Internet sur nos enfants et adolescents #1
Italian brainrot : que cachent ces vidéos qui fascinent les enfants ?
Vous avez peut-être déjà entendu votre enfant répéter « Tralalero Tralala ». Il vous a peut-être parlé de Ballerina Cappuccina ou montré, en riant, un requin avec des baskets.
Ces personnages appartiennent à l’Italian brainrot, une tendance devenue très populaire auprès des enfants. Leur univers semble surtout absurde et amusant. Pourtant, certaines vidéos peuvent contenir des messages bien moins enfantins.
Pour décider de ce que nous souhaitons autoriser, limiter ou interdire, il faut d’abord comprendre ce qui attire nos enfants.
Qu’est-ce que l’Italian brainrot ?
L’Italian brainrot désigne des images et des vidéos qui mettent en scène des personnages improbables. Ils sont souvent créés avec l’intelligence artificielle et portent des noms à consonance italienne.
Ces personnages mélangent des animaux, des objets ou des aliments. Ils sont accompagnés de voix artificielles, de chansons répétitives et d’histoires absurdes.
L’Italian brainrot appartient à un phénomène plus large appelé le « brain rot ». Cette expression désigne des contenus numériques très courts, répétitifs et faciles à regarder en continu.
Pourquoi l’Italian brainrot fascine-t-il les enfants ?
Ces vidéos attirent d’abord par leur absurdité. Face à un requin chaussé de baskets ou à une ballerine avec une tasse à la place de la tête, l’enfant découvre quelque chose d’inattendu.
Les sons et les noms sont aussi faciles à retenir. Ils peuvent rapidement devenir des références partagées entre amis. Les enfants les répètent, les dessinent et inventent parfois leurs propres personnages.
L’Italian brainrot devient ainsi un jeu et un langage commun. Il permet aussi aux enfants de partager un univers que les adultes ne comprennent pas toujours.
Des contenus pas toujours adaptés aux enfants
Avec leurs couleurs vives et leurs formes amusantes, ces personnages semblent conçus pour les plus jeunes. Pourtant, leur apparence ne dit rien des paroles ou des histoires qui les accompagnent.
Certains contenus d’origine comportent des insultes ou des scènes violentes. La tendance a ensuite été reprise par de nombreux créateurs. Certaines versions sont devenues plus légères. D’autres mettent encore en scène des violences, des humiliations ou des relations toxiques.
Un même personnage peut donc apparaître dans une vidéo amusante, puis dans un contenu beaucoup moins adapté. L’enfant peut également mémoriser une chanson et la répéter sans en comprendre les paroles.
Vidéos courtes et attention : que disent les études ?
À ce jour, aucune étude n’a mesuré les effets propres de l’Italian brainrot sur les enfants. Rien ne permet donc d’affirmer que ces personnages « détruisent le cerveau ».
Les chercheurs s’intéressent plutôt au format de ces vidéos. Elles sont très courtes et s’enchaînent rapidement. L’enfant passe ainsi d’un son ou d’une histoire à l’autre sans véritable pause.
Une étude publiée en 2025 dans la revue Psychological Bulletin a rassemblé les résultats de 71 recherches portant sur près de 100 000 personnes. Elle montre qu’une consommation importante de vidéos courtes est associée à davantage de difficultés d’attention.
Une autre étude menée auprès de 528 enfants âgés de 6 à 12 ans aboutit à un constat similaire. Les comportements inattentifs étaient plus fréquents chez les enfants qui regardaient davantage de vidéos courtes. Cette association était encore plus marquée chez les plus jeunes.
Ces résultats montrent un lien, mais ne prouvent pas que les vidéos courtes sont l’unique cause des difficultés observées. Le problème ne vient donc pas d’un personnage absurde regardé occasionnellement. Il apparaît surtout lorsque les vidéos s’accumulent et que l’enfant éprouve des difficultés à interrompre leur visionnage.
Comment protéger son enfant face à l’Italian brainrot ?
Il ne s’agit ni de banaliser ces contenus ni de céder à la panique. L’objectif est d’observer les habitudes de son enfant afin de fixer des limites adaptées.
Vous pouvez commencer par lui demander de vous montrer ses personnages préférés. Invitez-le à expliquer ce qu’il trouve drôle. Vous pouvez ensuite vérifier ensemble le sens des chansons ou des paroles qu’il répète.
Cette discussion permet de découvrir son univers. Elle l’aide aussi à prendre du recul sur des contenus qu’il regarde parfois sans se poser de questions.
Observez ensuite la place que ces vidéos occupent dans son quotidien. Arrive-t-il à s’arrêter facilement ? Leur visionnage perturbe-t-il son sommeil, ses devoirs ou les moments en famille ? Certains contenus l’ont-ils déjà choqué ou mis mal à l’aise ?
Ces réponses vous aideront à choisir le cadre qui vous semble le plus adapté. Certains contenus numériques peuvent être découverts à la maison, sur un écran partagé et à des moments choisis. Le parent reste ainsi disponible pour répondre aux questions et intervenir si nécessaire. L’enfant n’a pas besoin, pour autant, d’y avoir accès partout et en permanence depuis son téléphone.
Les tendances et les personnages changeront. Les bons réflexes resteront les mêmes : comprendre ce que regarde son enfant, en discuter avec lui et poser des limites lorsque cela devient nécessaire.

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